Le coeur bien accroché...
Placés au poste 95, en fin de ligne droite arrivant de Mulsanne, juste avant le virage d'Indianapolis, les commissaires ont tout juste le temps de voir débouler de véritables avions de chasse à plus de 330 km/h entre les arbres. Le départ donné, la meute passe en vrombissant, faisant vibrer la moindre parcelle de votre corps. L'impression visuelle de vitesse est accrue par les bruits laissés par la trainée aérodynamique des voitures. Passant en peut de mêtres de plus de 300 à 130 km/h, les bolides semblent ne jamais pouvoir passer ce virage si craint. Le moindre pépin mécanique pourrait s'avérer dramatique. Patrick l'exprime bien d'ailleurs: "La première fois, c'est impréssionnant. Lorsque j'ai vécu mon premier départ, j'ai reculé"
Pour autant, ne comptez pas sur Jean-Jacques et Patrick pour vouloir changer de place: "On est à ce poste depuis 2000 . Auparavant, on a officié au 62bis, au niveau de la deuxième chicane et en 1999 au poste 31 à l'entrée de la ligne droite des Hunaudières. Mais c'est là qu'on est le mieux. En plus on y est entre commissaires de la même région." Autour de circuit manceau, nombreux sont les représentants berrichons. Une bonne vintaine au moins, répartie aussi bien du côté des stands que sur les Hunaudières ou au virage Porche. Une seconde association (l'Amicale des Commissaires des Circuits et Routes du Berry) y officie aussi.
Auparavant, il n'était pas rare de croiser des Belges ou des Anglais sur un poste tenu par des Français, mais les vocations se raréfient. Heureusement, l'ACAI compte un bon noyau de fidèles, dont certains (Laurent Blondet et Claude Charbonnier) ont célébrés leurs vingt ans de présence à la classique mancelle.Et d'autres Berrichons, de Bourges, de la Châtre ou d'Issoudun, sont présents pour faire du poste 95 un Berry en miniature. "Le chapiteau est de Bourges, le cuistot est comme le gâteau creusois, désolé...." s'amusait Jean-Jacques, en entamant une part de son goûter.
...et une attention de tous les instants
L'orsqu'on leur demande quelles sont les qualités primordiales pour être un bon commissaire, les deux Castelroussins évoquent en choeur l'attention et la rapidité d'intervention. Beaucoup de choses dépensent de ces deux critères. Evidemment, sur une course comme les 24 Heures, impossible d'être au top tout le temps. Des plages de repos sont nécessaires. Chaque commissaire tient donc une permanence de trois heures à son poste avant passer la main et officie au total de huit à dix heures.
Les mois d'été sont une période très chargée pour ces amateurs de sport auto. A leurs familles d'être compréhensives. En juin, au 24 Heures ont succédé le Grand Prix de F1 à Magny-Cours, puis le camion cross à Allogny. En juillet, Patrick, Jean-Jacques et les autres avaient rendez-vous au Tourneix pour la manche de championnat de France de Rallycross. Et en octobre un autre grand rendez-vous les attend avec la finale de la Coupe de France des Rallyes à Châteauroux "Sans doute le plus difficile de tous les événements, parce que nous ne serons q'un ou deux par poste et que contrairement au circuit où nous gérons uniquement ce qui se passe sur la piste, là nous devrons également veiller à ce que le public ne commette pas d'imprudences. Ce qui est épuisant nerveusement", concède Jean-Jacques. Néanmoins, vous pouvez être sûrs que les membres de l'ACAI seront fidèles au poste. Et que pour tout l'or du monde, ils ne manqueraient cette occasion de vivre, à leur manière, une si belle épreuve.